Choses, d'actualité, qui me ...



Il faisait tard et froid, cet hiver où l'Gustave s'en revenait seul avec sa vielle d'un mariage où convié en tant que musicien, puis très vite en ami de toujours, prit par l'ambiance, bon enfant, des épousailles de la petite à la Toinette et du fils au Gervais, avait bu un verre ou deux.

Rien de bien méchant en somme, mais si à l'intérieur de la grande salle de fête, la température s'était vite haussée à la hauteur de l'amitié campagnarde, la silencieuse, la peu démonstrative, celle qui donne la main pour aider sans demander d'échange, la vraie en somme; celle du dehors, ne s'était pas mis au diapason, pétard de crotte ! Et le rude hiver n'avait pas attendri sa glace ou réchauffé sa neige !

Pour l'heure, bien que marchant d'un bon pas, son instrument bien protégé et amarré sur ses épaules, plus le gros bonnet à pompon tricoté par la Phonsine (Laquelle ne lui tricotait pas que des bonnets, mais le guignait aussi pour autre chose que la bagatelle), qui lui descendait au ras de ses gros sourcils grisonnants, not musicien se les gelait à les entendre s'entrechoquer en faisant des petits clics angoissés à chaque pas.

Pétard de crotte, en plus ça glissait et comme le devant du chemin perdu dans un univers glacé,  ressemblait à son derrière, et ses cotés à des palissades à peine percées par endroits par de pauvres bouts de branches qui c'est sur, se casseront avant le printemps, l'avancée était ben dur...

Peut-être bien, qu'il aurait du écouter les gens d'l'à noce et accepter de dormir dans une grange, mais il avait dans l'idée de s'arrêter chez sa tricoteuse voir... l'avancée de son autre bonnet !!!
On y voyait goutte et ce n'était pas drôle, d'autant que ça tournoyait un peu sous le pompon.
Fatigué, il décida d'aller s'asseoir à coté de la Sainte Vierge, qui sûrement ne verrait pas d'inconvénient à lui prêter un petit morceau de son minuscule abri d'entre deux village.



Et voilà-t-y pas, pétard de pétard de crotte, qu'à peine adossé près d'elle, Gustave entendit comme des bruits confus, étouffés par l'épaisseur neigeuse ? Puis des craquements et des halètements provoquant une sorte de buée mobile s'avançant vers lui.
Des loups, v'oui, des loups ! Cinq, six, plus peut-être ? Abandonnant la Sainte Vierge, notre musicien qui pourtant n'avait rien d'andalou, se mit à courir en se jouant des castagnettes avec les dents.

Il glissa, se cogna, jura et... Encore un effort et le gros tas de bûches posé à moins de cinquante mètres de la première maison du village, serait à sa portée.
Les loups gagnaient du terrain, et pourtant il s'était mis ses gros brodequins à clous ! Et à la une, et à la deux, et- à la trois, et l'Alphonse sans savoir comment si ce n'est qu'il avait du lui pousser des ailes se retrouva en haut du tas de bois.
Une seconde de plus, et il y laissait un bout de fesse déjà faite en gouttes de pluie !!

Les bêtes affamées sautaient de tous cotés, certaines allaient parvenir à se hisser jusqu'à lui. Dans trente secondes il serait trop tard ! Alors sans réfléchir, comme ça d'instinct ses doigts tremblants s'emparèrent de la vielle et il se mit à jouer comme jamais !
Quoi ? tout, rien, n'importe quoi, sa peur, oui, de la sale peur suintante d'odeurs âcres, d'effluves nauséabondes.

Surpris, les loups stoppèrent net leur ascension. Mélomanes, sûrement pas. Mais ils durent avoir peur de celle de l'homme. Celle qui,  mêlée à ces sons grinçants, bizarres, hagards,  tremblées, se firent leur, dans une sorte de communion de détresse uniforme et globale.
On les redoutait, les maudissait depuis toujours. Et pourtant, nombre de ces personnes proche de la nature connaissaient elles aussi la faim ! La faim oui, mais pas celle des loups des hivers glacials du Haut-Doubs !

On accouru de toutes parts avec des fourches et des fusils de chasse, les bêtes s'enfuirent....

A demain mes amis. Merci de votre fidélité et n'oubliez pas vos com, et avec un peu de temps, vos clics.


A propos de vieilles affaires justiciables, va-t-on enfin savoir qui à cassé le vase de Soissons ?...

Ven 30 oct 2009 25 commentaires
Belle histoire ... Il faudrait pourtant y croire aux loups mélomanes ...
Bonne fin de semaine ! Bisoux.



clic !
dom - le 30/10/2009 à 07h25
Une bien belle histoire et ta narration est très poignante. J'ai eu froid, aimé, peur puis haleté.... mais enfin joué...
Bravo à Toi.
bAISERS
liedich - le 30/10/2009 à 08h53
Les loups de l'elysée nous attaquent car ils ont faim de luxe ........
bisous
pat
biker06 - le 30/10/2009 à 09h06
Vivent les loups quand même!
Le Huron - le 30/10/2009 à 09h29
Le vieux musicien à vraiment tenu les loups en respects quelques minutes, et ni l'homme ni les bêtes n'ont été blessés. J'ai bien sur édulcoré autour... Et si cela avait été l'inverse je ne crois pas que j'aurais raconté l'histoire.
Avant Scarlett j'ai eu des malinois, des merveilles ! Ils avaient le même reflets dans le regard !
Nettoue
une belle histoire ! peut être aimaient ils vraiment la musique
beau week end ma Nettoue il faut en profiter! la météo n'est point bonne pour les jours à venir!
je t'embrasse
christiane - le 30/10/2009 à 10h39


Ha maintenant je comprends mieux...
pourquoi les gardes républicain, jouent de la musique devant l'Élysée,
c'est pour éviter que les loups ne rentrent dans la bergerie.
Pour le vase de Soissons, c'est pas moi, ça c'est sûr.
Bises ma chère Nettoue.
cricri d amour - le 30/10/2009 à 11h43
heureusement qu'elle finit bien cette histoire : J'ai cru un instant que les loups allaient le manger  ce brave homme; belle fin, les loups aimaient peut-être aussi la musique? qui sait?
 tu nous rappelles le passé avec beaucoup de talent,; gros bisous
fanfan - le 30/10/2009 à 11h59
le miracle des loups à la sauce du joueur de flûte, bien, très bien, j'adore toujours ta prose...
pour le vase de Soissons on fait des reherches ADN, donc les experts sont sur le coup et le R.I.S aussi, bonne journée, bisous
emma53 - le 30/10/2009 à 12h01
J'ai bien crû qu'il allait essayer de se défendre à coup de vielle, mais non...
Pas beau et pas chaud aujourd'hui ma voisine...
et pour le vase de Soissons, je sais qui c'est, mais je ne parlerai pas
Bon WE
Coqueline - le 30/10/2009 à 13h01
wouah et bien on imaginait Gustave dévorait par les loups et non juqu'au bout
tu nous a laissé nous inquiéter
rha là là, mon pauvre coeur, il a passé par toutes les émotions
allez je clic

Et je te fais de gros bisous
corinne - le 30/10/2009 à 13h01