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La couleur des mots ...

Roses

 

J'ai voulu ce matin t'apporter des roses,
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes,
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir,

Les noeuds ont éclatés, les roses envolées,

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées,

Elles ont suivis l'eau pour ne plus revenir,

La vague en a paru rouge et comme enflammée,

Ce soir, ma robe encore, en est enbaumée,

Respires-en sur moi, l'odorant souvenir

Afin que dans tes bras, je puisse m'endormir...

Pour demain m'éveiller  dans ton sourire 

 

de Saadi

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le temps d'avant

Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 06:10

  Au menu aujourd'hui :

                                           Arrivée au (13 rue de la Butte).

                                           82,6 millions détournés, c'est du propre !

 

 

< La nuit dans l'Eglise Saint-Pierre, puis d'autres dans la cave de l'oncle Alfred>  !

(Chaque article, à sa fin, il peut donc être pris en marche )


ferme-ancienne.JPG  Nous sommes arrivés 13 chemin de la Butte, un mars qui gardait sa neige prisonnière de son sol glacé.

La grand-mère Berlin, était partie rejoindre son fils le soldat Alfred : Croix de guerre, médaille militaire, mort à 27 ans dans une autre saloperie de guerre. Celle qui laissa ma Lina de Bussière-sur-l'Ognon, veuve avec une petite fille qui ne connu jamais son père.

Elle y retrouva aussi Joseph, son époux, le courageux maraîcher qui s'en allait vendre ses légumes en s'attelant à sa charrette à bras : La pâte des homme, disait-on à l'unanimité. Il eu cependant l'heur de déplaire à son Elisa qui resta 20 ans sans lui parler.


Elisa avait alors 84 ans et nous ne l'aimions guére, moi surtout, car les rares fois où nous allions la voir, je n'eus droit qu'à un verre d'eau, alors qu'elle y ajoutait du sirop de cassis pour les garçons.

Toujours pragmatique, le jour de son enterrement Didier, me chuchota à l'oreille que si le Palais du vêtement >, (lequel brûla le jour de janvier où elle tomba de son lit pour n'y plus jamais remonter), s'était trouvé plus près de chez-elle, l'on aurait pas trouvé son dentier gelé dans son verre à dents posé sur la table de nuit.


Libre, son logis devint le notre, manière pour mes parents de se vivre la moitié de l'occupation allemande au mieux de leurs souhaits, en prétextant, se qui n'était pas faux, que nous éloigner de la ville et de son effervescence en compagnie de ma Lina serait une bonne idée : A mon avis, ce fut la meilleure qu'ils eurent jamais !


Cet emménagement, eut lieu 18 mois environ  après l'arrivée des allemands dans la ville, ce jour de juin, où après avoir réceptionné l'explosion de trois ponts sur notre gauche et celui de Canot dans le derrière, nous, nous étions retrouvés avec nos camarades de marathon devant l'Eglise Saint-Pierre.


La sensation, d'oppression et de soulagement mêlée s'est-elle jamais échappée de ma mémoire ? Il y faisait si sombre, si froid, et sa richesse en or massif, en accentuait encore le sentiment.

Même le Christ, coiffé d'épines accroché sous les voûtes épaisses, ne parvenait pas, en dépit des éclairs dorés envoyés par le ciel à travers ses vitraux, à se réchauffer l'habitât.

 

 

eglise st-pierreNous avons passés la nuit qui suivit sous les escaliers menant à la chaire des prêches : L'atmosphère lourde d'angoisse se trouait ça et là du chuchotements de prières machinales. Que se passait-il de l'autre coté du Doubs, pour ceux qui ne se trouvaient pas sous la protection divine ? Etaient-ilsz en butte à ces atrocités, dont se délectaient les anxieux mal informés répètants se qu'ils avaient entendus par d'autres ?

--- Je me demande, si votre père à pu sauter assez vite de sa barque pour rejoindre votre maman ? Elle était si inquiète ma Lina, elle nous serrait si fort contre elle ! Bien sur, elle l'aimait ce gendre si instable et si peu conscient d'avoir trois enfants et un autre en préparation.


Quand au petit jour, nous entendîmes sa voix appeler ... Didier : Nous avons compris qu'aprés avoir réalisé leur étourderie commune, en négligeant de se soucier de la bonne mine des ponts, ils étaient partis à notre recherche : Pour cela, il leur avait fallu escalader les ruines qui recouvraient la barque paternel, son épuisette, ses plongeotes, sa filoche contenant sa moisson du jour... (Sous le choc, les poissons avaient du s'écailler l'habillage et retomber frits dans leur rivière natale)


  La suite m'échappe un peu. Pourtant, je nous revois dans la cave du frère de ma Lina, l'oncle Alfred, de la rue du Lycée, celle que nous avions traversés en vol plané à l'aller... Je me souviens y être rester plusieurs jours. Mon père sortait la nuit pour attraper un peu de nourriture, le plus dur fut du lait pour Baby, car à l'époque il se vendait frais dans de grands bidons posés devant les épiceries.


De cet endroit aux cent cauchemars, se que je revis le plus souvent est le coin de gauche en entrant et son larmier crasseux, le mien...

Et puis, au bout de quatre jours, le grand-père Jean, du magasin d'articles de pêche vint nous chercher... Je suppose qu'il avait négocier notre accès aux passerelles dressées par les allemands, contre ses appâts les plus précieux : Pas ceux de grand-mère Ninie, sa seconde épouse, mais bien ses asticots gros et gras avec leurs points noirs leur servant d'yeux, lesquels passaient leurs journées à gigoter dans leur cuvette de sciure sur les étals posés sur le trottoir devant le < Doubs pêcheur >

Demain je vous conterai : "Notre instalation au 13 Chemin de la Butte".


   

Ci-dessous 82,6 millions d'euros détournées   Merci !

Par Nettoue - Publié dans : le temps d'avant - Communauté : Vos blogs
Coucou, ne pas oublier Nettoue, et hop, un p'tit com. - Voir les 36 commentaires
Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 05:22

 

chamarsCe jeudi de juin 1940... avait commencé comme un autre, beau et chaud, même brûlant, puisqu'en s'appuyant sur le parapet de pierres usées, qui pour avoir servi à supporter des décennies de coudes bisontins, s'était arrondi  les angles, ma grand-mère Lina de Bussière-sur-l'Ognon, avait poussé un retentissant < crotte de crotte >, en se frottant le bras, sans lâcher la poussette du bébé, que l'on m'avait présenté, trois mois plus tôt, comme étant mon petit frère !

 

---  Je suis sur qu'il est encore en train de pêcher dans sa barque amarrée sous le pont Battant. (Elle parlait de mon père), C'est tout se qu'il sait faire... Attraper des poissons que ma pauvre fille est obligée de nettoyer avant d'aller les vendre aux halles ! Bref, je n'en dis pas plus : Elle n'en disait jamais plus, justement, mais l'expression de son visage familier et tant aimé, était édifiante.

D'une main ferme, tout autant qu'énervée, elle donna une telle impulsion à la poussette de Baby, que Didier, le frère aîné, accroché à gauche du guidon, tandis que je l'étais à droite, n'eut que le temps d'éviter la collision entre ses godillots usagés et un vieux bidon cabossé d'un litre, posé sous un platane à coté des merdes du chien du tabac d'en face.


Le but de notre promenade était Chamars : Pour y arriver, il nous fallait longer les quais Veil Picard, jusqu'au pont Canot. (Le Doubs, enferme son centre ville dans une boucle presque parfaite et Besançon est très fier de ses ponts).

Laissant derrière nous, les magasins faisant face à la rivière de l'autre coté de la rue pavée, habituée à faire glisser, outre les passants, le cheval du < limonadier comtois >, quand il tire sa lourde charrette pour s'en aller livrer la < Brasserie Universelle >, là, où le beau Charles, va boire son Ricard, dès qu'il s'est remonté l'épuisette.


Parmi cette rangée de magasin, seulement trouée par les portes cochères conduisant aux appartements, se trouve celui de mon grand-père : " Le Doubs pêcheur, ",  où l'on y vend se qu'il faut pour s'en aller taquiner le poisson. Ma Lina chantonne, (C'est 93, à Paris, on sonne le canon d'alarme... Mais Luison s'en moque vraiment, car le chevalier son amant, avec une autre se marie...) Enflure, va !

Didier sifflote sous son béret bleu, moi, je crois bien que je porte une des robes données par < Mode et élégance >, car elle ne devait plus plaire à Jeaninne.


  Le pont Canot, qu'il nous faut traverser semble inquiet. L'eau qui passe sous ses piles est pourtant la même... Elle promène ses poissons argentés qui se heurtent parfois aux herbes car l'eau est basse. Parfois, aussi au détritus, qu'à l'époque, au sein des villes, on jetait sans complexe, par dessus la rambarde des quais. Au sein des villes seulement, car dès qu'elle s'en échappe, elle est fraîche et scintillante, comme notre belle Franche Comté !



Bref, je reviens au pont, qui en plus de sa drôle de mine à aussi une rangée de soldats posés de chaque coté, sur toute sa longueur. Ils se tiennent bien droits, sauf dans dans leurs regards, absents. Leur tenues est fatiguées, et flottent autour de corps crispés dans une amertume collective, qui cache les mots, déroute, entêtement, imprévoyance. Pas la leur, celle des décideurs de guerre, présentement, sans doute en train de palabrer le cul bien au chaud dans leur fauteuil de cuir !


Le pont, à peine franchi d'une quinzaine de mètres, voilà que tout saute derrière nous, des pierres, des gerbes d'eau, de la terre, nous frappent les talons, les fesses, le dos...

Crotte, de crotte de merde, on nous tire dessus s'indigne ma Lina.

--- Nous venons de traverser un pont miné, commente sobrement Didier, la voix aussitôt couverte par d'autres explosions.

La foule s'affole, nous aussi, elle se met à courir, nous aussi, le chapeau de paille noire orné d'un bouquet de violette de ma Lina dérape, se casse l'élastique de maintien qui s'enroule autour d'une de ses oreilles. Elle n'y vois plus, mais on cours toujours... Où ? Derrière le peloton de tête de ceux qui galope devant nous, bien sur ! Le chapeau glisse tout à fait et tombe sur Baby, qui en perd sa sucette et en profite pour caguer dans sa couche : Ça pue, mais nous avons d'autres soucis.


La rue du Lycée, on la survole à l'horizontale pour tenter de devancer les maillots jaunes, et à travers mes larmes d'enfant, je m'aperçois soudain que le but de notre course folle et échevelée, est l'église Saint-Pierre...

Cette dernière tentative de vouloir préserver le centre ville en détruisant les ponts est une connerie de plus ! (L'extérieur quant à lui, semblait le dernier des problèmes du jour), Elle était naturellement vouée à l'échec !


Les allemands sont aux portes de la ville. Nous sommes désormais sous le contrôle de l'armée d'occupation !


La malle de Louisette est remplie de souvenirs de cette époque ... Je l'ai ressortirai, peu à peu...Ils sont tout à fait authentiques. Je l'ai si bien connue, qu'après les avoir recueillis, je vous les ai mis en.... musique !

(réédition ancienne)


A demain mes ami(es). Merci de votre fidélité, et n'oubliez pas "Et Op, un p'tit com pour Nettoe"


krikri

Par Nettoue - Publié dans : le temps d'avant - Communauté : écrire c'est hurler en silence
Coucou, ne pas oublier Nettoue, et hop, un p'tit com. - Voir les 39 commentaires
Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 06:36

rues-de-paris.jpgIl y a aussi le Pont neuf, le seul de la capitale à ne pas être encombré de maison et où se promènent en vrac, anglais raides et compassés, allemands tonitruants, espagnols à oeil et voix de velours éparpillés au milieu des parisiens rieurs et des provinciaux, tout un ensemble hétéroclite mélangé à des vendeurs d'almanach, distributeurs de pamphlets, d'acrobates avec chiens et tours savants, acharnés à gagner le pain quotidien !

 

Et gardé pour la bonne bouche, les charlatans posés sur les banquettes (trottoirs), y oeuvrant à l'année : Un tel est assis sur l'une d'elle en train d'extraire la dent d'un patient terrifié en lui maintenant la tête entre ses cuisses d'haltérophile, un autre se faisant appeler occuliste, essaie de vendre des yeux en verre, pour le cas qu'il faille plus tard, enlever à un pauvre monsieur un des siens atteint de conjonctivite.

Certains même, particulièrement culottés affichant sans remord le nom de "Renoueur", incitent les jeunes gens à se faire retirer au moins un testicule afin de ne pas plus tard souffrit d'hémorroïdes !

 

Ce jour, quasiment comme les autres est en train de se voir former un attroupement en plein milieu de la chaussée, lequel hurle de rire devant le spectacle offert par un malheureux marchand de perruques  portant comme c'est la coutume son attirail suspendu à une perche de deux mètre sur l'épaule : Seulement celle-ci d'une envergure étonnante pour peu qu'il prit la fantaisie au marchand de traverser de l'autre coté... (ce qu'il venait de faire sans précaution) avait accroché au passage la propre "tignasse", d'un petit maître très fâché qu'à loa suite de la manoeuvre, celle-ci se retrouva par terre dans une flaque de crotte !

 

Le marchand bien sur, ne ménagea pas ses excuses tout en se penchant pour repêcher l'embourbée, mais mal lui en prit car n'ayant pas vérifier ses arrières et par peur de se la faire voler pas non plus confié sa perche à un passant, le fit en se la gardant sur l'épaule, après que son extrémité se soit planté sans préméditation sous le volant de la robe de la femme du déperruqué. Le mouvement pour assez brusque qu'il fut envola donc le cotillon en hauteur au fur et à mesure que le marchand se penchait....Lorsque l'objet du délit en main ce dernier se fut remis à la verticale, ce fut pour se faire agonir de nouveau...

--- Or donc monsieur, ne pouviez-vous donc repêcher ma tête sans entrer votre trique dans mon épouse ?

 

Les applaudissements jaillissaient de toutes parts, l'on dansa de joie... Paris était tout d'une pièce alors...

 

Ci-dessous : Eva, pour l'amour de Thor et d'Odin ! Merci.




Par Nettoue - Publié dans : le temps d'avant - Communauté : Vive le désordre !
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 06:57

cyrano-demain-copie-1.jpg

 

Il faut comprendre, le duc de Guiche voudrait acheter Cyrano pour commettre le crime de modifier ses rimes superbes... Et que Merdasse, ce n'est pas parce-que l'on a des sous, que l'on peut tout se permettre !

D'ailleurs, sa copine d'école le sait : Le sang de son ami se coagule dès que l'on veut y changer une virgule !

Ce jour là, Cyrano n'est pas dans son assiette, Nettoue et lui se rencontre !

 

Nettoue

Fais un effort pour te faire éditer,

Mais bien sur, ne lèches pas de pied !

 

Cyrano

Et que faudrait-il faire ?

Chercher un protecteur puissant, un patron,

Tel un lierre obscur qui circonvient un tronc,

Et s'en faire un tuteur, en lui léchant l'écorce,

Grimper par ruse au lieu de s'élever par force' ?

 

Nettoue

Tu veux attendre qu'on te cherche,

Et pas qu'on te tende une perche,

Les Cadets ne te paie pas beaucoup,

N'abuse pas, tu ne tiens plus debout.

 

Cyrano

Non merci, dédier comme ils le font tous,

Des vers aux financiers, se changer en bouffon,

Dans l'espoir de voir aux lèvres d'un ministre,

Naître un sourire, qui ne soit pas sinistre ?

 

Nettoue

Les ministres sourient avant les élections,

Après, t'es roulé dans la farine tel un poisson,

Mais quand même, il te faut mieux manger,

De ta figure, on ne voit plus que le nez !

 

Cyrano

Déjeuner chaque jour d'un crapaud,

Avoir le ventre usé de marcher, la peau,

Qui vite à l'endroit des genoux est sale,

Exécuter des tours de souplesse dorsale ,

Non merci !

 

Nettoue

Et encore toi mon ami, tu as des papiers,

Un grand nom que tu ne dois pas cacher,

La peur n'est pas sans cesse ta compagne,

Être pauvre, c'est dur mais pas un bagne !

 

Cyrano

Devoir d'une main, flatter la chèvre au cou,

Cependant qu'avec l'autre, on arrose le chou,

Devenir un  grand homme dans un petit rond,

Se pousser sans cesse de giron en giron,

Non merci !

 

Nettoue

Alors, le duc de Guiche, on l'envoie chier,

Je suis contente, lui j'peux pas le blairer,

J'au reçu la paye, j't'emmène manger,

Après, on s'fera, une toile, un p'tit ciné...

 

Ci-dessous :"Ben, en vl'a une autre"

Par Nettoue - Publié dans : le temps d'avant - Communauté : Doux rêveurs de Quichottinie
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 06:05

La modernité à bousculé la toile immuable, de la sérénité et de ses habitudes de tous les les-foins-samidi-1.jpgjours...

Celles répétées à longueur de temps, à longueur de vie, celles qui semblaient sûr, puisque bon an, mal an, il en avait toujours été ainsi.

 

Dans ces petits villages où sans le savoir se vivaient l'essentiel et au sein desquels on ne se fatiguait jamais de l'habitude l'existence s'écoulait faites d'efforts mais sans soucis particulier dans les coeurs !

Cette fidélité aux choses de la terre où se vivait le siècle dernier, quand arrivait la saison des foins, bizarrement l'aube se reculait d'elle-même d'une heure, les homme se vêtissait des pantalons de la veille, se chaussaient de sabots,  coiffaient d'un béret qui en avait vu d'autre, puis se déclaraient prêts. Les femmes quant à elles, en costumes de toujours suivaient tout en portant l'instant de la pause dans de grands paniers  et la coiffe enfoncées jusqu'aux oreilles se préparaient une journée de quinze heures  car il fallait profiter d'un ciel sans menace de pluie !

 

On ne s'accordait que très peu de temps pour la discussion lorsque le foin coupé depuis quelques dizaines de jours auparavant était prêt pour le ramassage ! Le Gervais, avait déjà attelé le char à traîner au solide franc comtois, car dans ces étendues de prairies séchées le village tout entier se mobilisait : Dame ! Il en dépendait  pour le temps d'hiver, de la survie des bovins, des ânes et des chevaux si tant était que l'on en possédât.

les-foins-samedi-deux-copie-2.jpgIl y avait bien l'Arsène, qui toujours décidé à ne point laisser la Noémie rester sans mari  profitait de toutes les occasions pour lui chuchoter tout bas se que tout le village savait à haute voix : < Ah ! Ca ma mouée, c'est y pour moi que tu t'es fais une beauté, et que ce, aujourd'hui tu sens si bon  ? Crénom, va falloir que j'te marie  pendant qu'mon écrevisse est encore vaillant sinon l'en est une autre qui va s'en rester vieille fille, > !

 

Et la Noémie de répliquer sans lâcher le ratiau : < Ah! qu'non mon Arsène, tu taquines trop souvent l'canon, et puis moué, je savions point s'qui va m'faire ton écrevisse  ? >

Et l'Arsène de se détourner la tête pour qu'elle ne voit pas les larmes de vrai chagrin  que ses éternels refus lui faisaient monter aux yeux, car avec un peu de tendresse elle aurait pu deviner la bien aimée, que s'il se laissais souvent aller sur les verres de piquette c'était pour s'éviter de trop penser qu'au fond, e'lle ne voulait pas de lui, parce-qu'elle ne l'aimais pas !

 

De tous cotés, l'on s'activait à ramasser ce foin maintes fois retourné à la fourche, les jours précédant, gestes automatiques répétés sous un soleil de plomb à la chaleur étouffante. Puis à en faire des tas régulier sur toute la surface du pré, pour aujourd'hui les charger à la fourche sur le char à boeuf de Gervais, puis ramenés encore et encore dans les granges du village, les lanières de cuir accrochées aux bêtes,  tendues à l'extrême avec le grincement des essieux ajoutaient à l'effort.

 

Ces divers ramassages étaient encore plus pénibles sur les coteaux, car on râtelait de haut en bas avant de récupérer le fourrage. La sueur coulait sur les visages tannés comme des croûtes de vieux cuir, s'égarait parfois dans un des sillons creusés par les années précédentes, des dos se courbaient d'une année à l'autre !

Et bien que l'on su qu'après, allait venir très vite les moissons et le ramassage des pommes de terre l'on souriait le soir en sentant l'odeur du foin sur qui étaient tombées, parfois, des larmes issues de la réverbération très forte de la clarté du ciel !

 

Solidaires, les gens de la terre partageaient peines et joies, et à la fin des rudes journées après avoir ajouté un gros morceau de lard dans la soupe et peut-être rôti quelques volailles, le début de nuit amenant devant les portes, assis sur des vieux bancs de pierres, ceux qui pour peu de temps pouvaient enfin se penser à ne rien faire...

 

(L'on fait des travaux de peinture et tapisserie dans deux appartements vides de la petite résidence d'un peu plus loin de chez- moi, et deux apprentis ont exigés d'être chauffés. Alors EDF a du venir faire un raccordement au compteur régissant les communs.... ) Pauvre jeunesse chipoteuse et paresseuse de certains !

 

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krikri

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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 06:28

Elles avaient la belle vie nos vaches de naguère ! Pas de barbelé et mieux encore on ne antan-vachers.jpg les élevait pas en batterie, leurs enfants avaient un père, ce qui vous en conviendrez est plus romantique qu'une éprouvette. (Si l'on peux l'éviter bien sur) !

 

Ils étaient élevés sous la mère au lieu de l'être sous (X), chose nettement préférable également, mais de nos jours sans compassion, qui se soucie de la sexualité des bovins ? 

On se vivait modestement la plupart du temps, mais l'on estimait aussi qu'une vache faisait vivre trois personnes, alors que maintenant un troupeau engraisse surtout la grande distribution !

 

Ce métier de vacher, métier de célibataire en général, commençait après que l'on ne puis plus participer activement à celui des champs, lorsque celui-ci avait fais les reins douloureux et le dos trop raide, ou bien encore pour éviter que les petits fils n'aient à se louer trop loin de chez-eux ! Maintenant, il n'est plus que de vagues images , jaillies des souvenirs de grands-parents, de livres ou de films bucoliques.

 

Le Sosthène va sur ses 76 printemps, de ceux du début de l'autre siècle, un encore pur à l'air sain et se peut encore arpenter gaillardement les sentiers de sa vie de toujours, respirer l'odeur des frondaisons mâtinés de bouses dans lesquelles il lui arrivait de poser le pied par inadvertance quand, le nez en l'air il s'évadait en hauteur pour suivre le vol des oiseaux. Corne de bouc ! Comme il jurait alors, en patois empli de l'accent du pays en pensant qu'il allait devoir se laver au retour alors que l'on n'était pas dimanche : Mais à tout prendre, n'étais-ce pas plus sain que les pots d'échappement, à cette époque où les troupeaux broutaient du vrai BIO ?

 

Vieux briscard aux habitudes aussi rudes que sa campagnes natale, le berger portait dans sa musette, le pain, le lard et le "Comté", de la laiterie au Maurice, d'a coté de sa petite bicoque, destiné à son déjeuner, le tout accompagné de la chopine du "gratto" des rares vignes survivantes de la grande destruction par le "phylloxera", de grande mémoire de franc-comtois.

Les bergers pouvaient être embauchés par les communes pour veiller sur les troupeaux du conseil municipal, leurs statuts étaient officiels et affichés par des publication sur les murs des mairies.

Ils pouvaient aussi être embauchés au pair, logé, nourri, habillé, blanchi voir muni de sa chique de tabac. Les bêtes rentrées chaque soir, s'en revenaient clochettes au cou, sereines et placides, en une longue file, discrètement surveillées en son arrière par Sosthène et sur ses cotés par le chien Napoléon, tout frétillant de la queue ! (La phrase et au singulier, j'y ai veillé).

 

Le métier voulait aussi qu'il sache reconnaître son petit monde, appeler chacun des bovins par leur nom et faire en sorte qu'ils y obéisse.  Le Sosthène aimait bien sa vie, le chant des oiseaux parfois couverts par l'harmonieux meuglement des vaches, le bruissement d'un feuillage complice de l'échappée d'un garenne curieux !

Il craignait un peu les orages, et cachait ses appréhensions sous une vieille pèlerine à la couleur incertaine : Lorsque lui et son troupeau se faisait surprendre, durant le temps de retour, les bêtes ne s'effrayaient  pas, car le gardien savait éviter la mutinerie. Napoléon l'y aidait, pendant que lui-même égrenait la chapelet de ses meilleures jurons. Dame, la journée était gâchée et cela lui donnait une mine revêche qu'il s'en allait améliorée en lutinant coquinement la copieuse Georgette, la fille du sabotier d'en face sa maisonnette.

 

C'était un autre temps, une autre vie dans la vie, vécue souvent plus courte que celle de nos jours. Mais les villages se connaissaient  depuis le berceau, les amitiés tendres ou viriles, souvent bourrues, étaient vraies, puisqu'elles faisaient partie de l'honneur du paysan, qui même s'il soulevait sa casquettes pour saluer le château, ne trichait pas avec ses devoirs de vie. Certes, les toits étaient humbles, mais leur sincérité valait cent fois le dérisoire de certaines demeures bourgeoises trop joufflues, bâties d'hier, et décorée à la vanité froide.

Oui, le métier de vacher en valait bien d'autres se croyant plus prestigieux,se qui était faux,  car le prestige on le porte dans son coeur, si on est digne !

 

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krikri

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Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 04:43

Pour maintenir ses troupeaux en vie, Abraham avait besoin de trèfles et de luzernes, de abraham-demain.jpg pissenlits aussi, chose le rendant sensible aux variations de la météo : Une famine, (la crise d'aujourd'hui), pouvant le mettre sur la paille, tout aussi vite que les traficotages des banques ou les malversations diverses vécues présentement !

 

Ce fut ainsi qu'une longue sécheresse affamant les troupeaux et par voie de conséquence les gens qui en vivaient l'amena après de longues errances, a crier famine aux portes de la Chine, pardon de l'Egypte. Il y fut bien accueilli, mais comme il savait (lui), qu'à tous bienfaits ou presque, il y a une contrepartie, il se fit passer pour le frère de son épouse, Sarah, car celle-ci, étant d'une grande beauté, et le pharaon, un amateur de femmes très gourmand, il craignait pour sa vie. La ruse réussi, Sarah fut conduite au palais,  et Abraham couvert de cadeaux après avoir obtenu l'autorisation de camper un peu en deçà d'Alexandrie !

 

Mais Dieu, en fut fâché, car comme il était encore très peu connu à l'époque, il comptait sur le chef des bergers, pour faire sa promotion. Il envoya donc moult MST, à la cour pharaonique, ce que constatant et se doutant de la manoeuvre, le roi égyptien rendit Sarah aux siens avec en guise de souvenir, celle qui fut sa servante pendant son séjour, mademoiselle Hagar !

De retour dans les environs de Bethel, Abraham, annonça à son neveu Lot, que vu leur nombre, ils se devaient séparer et aller chacun de leur coté !

Gros coquin, Lot, choisit de s'installer à Sodome, dans la vallée fertile du Jourdain...

 

Crotte de crotte, le temps passa et en dépit de la promesse du ciel, Abraham, n'avait toujours pas d'enfant, chose qui les désespérait car de toutes évidences Sarah était stérile, et refusait jusqu'ici que son époux prenne d'autres épouses, seulement comme elle approchait de se 85 ans, alertes certes, mais 85 ans malgré tout, elle du finir par accepter et choisit Hagar comme mère porteuse : Celle-ci ne mit qu'une seule condition à son acceptation, que son fils s'il lui en naissait un, fut circoncis. Bien qu'il eut déjà 99 ans, Abraham réussi son affaire du premier coup et il leur vint au monde un magnifique enfant mâle qui fut appelé Ismaël.

 

abraham-deux-demain.jpg Trois ans passèrent, et ce fut alors que l'ambiance se gâta, lorsque trois anges vinrent annoncer tout de go, que l'épouse légitime allait à son tour faire un bébé. Elle donna donc naissance à Isaac, que Dieu demanda bientôt à son père de sacrifier : Vous savez quoi, mais oui, vous le savez, et bien que très triste,  Abraham s'apprêta à le faire en se disant qu'après tout il lui restait Ismaël .

--- Arrêtes, je rigole, cria aussitôt le seigneur, c'était juste pour tester ton obéissance !

 

Seulement, Sarah avait eu très peur et ne voulut plus qu'une chose chasser Hagar et Ismaël.

Et les voici donc, elle traînant et portant son enfant, marchant épuisée dans le désert, et surtout bientôt assoiffés, à en avoir la langue collée au palais : Alors, se souvenant de ce qu'elle avait appris en Egypte, elle se mit à chercher de l'eau en allant d'un point à un autre en sept aller retour... Son acharnement fini par être récompensé car au dernier, une source d'eau très pure jaillit à ses pieds.

 

Peu après, un groupe de nomades attirés par le doux clapotis s'approchèrent  et demandèrent l'autorisation de boire et de remplir leurs chameaux : On fit amis, et le fils naturel d'Abraham fut élevé parmi la tribu... Il s'y maria et eu 19 enfants avec plusieurs femmes, son père ne vint le voir qu'une fois, lorsqu'il fut adulte, et pas, par souci ou tendresse mais pour lui demander de bâtir une "Casbah", (maison sacrée), ainsi que Dieu le lui aurait ordonné !

 

L'on dit que Mohamed, le prophète, serait un descendant d'Ismaël, l'enfant né d'un père juif et d'une égyptienne...

 

A demain mes ami(es). Merci de votre fidèlité et n'oubliez pas, "Et Op, un p'tit com pour Nettoue"

 

krikri


Par Nettoue - Publié dans : le temps d'avant - Communauté : Intime et décalé
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