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La couleur des mots ...

Roses

 

J'ai voulu ce matin t'apporter des roses,
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes,
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir,

Les noeuds ont éclatés, les roses envolées,

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées,

Elles ont suivis l'eau pour ne plus revenir,

La vague en a paru rouge et comme enflammée,

Ce soir, ma robe encore, en est enbaumée,

Respires-en sur moi, l'odorant souvenir

Afin que dans tes bras, je puisse m'endormir...

Pour demain m'éveiller  dans ton sourire 

 

de Saadi

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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 05:59


--- Je peux m'arrêter quelques instants, demanda-t-il, courtoisement ? Le temps est si mauvais que je crains pour la santé de mon cheval !
Le maître des lieux accepta, tout en reconnaissant que se n'était pas la, un temps pour voyager.
Le bel inconnu, enleva son manteau mais refusa de retirer son chapeau et ses gants, arguant que s'était là, une coutume de ses pairs.

L'atmosphère paru soudain plus lourde, et pourtant la musique un instant interrompue retentissait à nouveau.
Cela provenait d'autre chose d'indéfinissable, comme un mal inconnu dont on ne souffrait pas, mais causait les mêmes inquiétudes. D'autant plus, que les jeunes garçons admiratifs de la superbe monture s'étaient proposés de la mettre à l'abri, et que se faisant, ils avaient remarqués que la neige fondait instantanément sous ses sabots.

Les demoiselles, quant à elles, avaient mieux à faire. Elles dévoraient la beauté de l'étranger à coeur que veux-tu, avec des frémissements-ts d'impatience à des endroits, dont jusqu'ici, elles ignoraient l'impatience.: Son regard envoûtant leur envoyait des frémissement inattendus, tout en anesthésiant leurs pensées. Elles ne songeaient plus qu'à se faire inviter par lui.
Mais ce fut vers Céline qu'il se dirigea... Elle ne se fit pas prier, et  prit même une sorte de plaisir malsain à voir la déconfiture de ses amies, elle qui était habituellement d'une grande gentillesse.

L'inconnu, la fit danser le quadrille, puis un autre, et encore et encore... Autour d'elle, les invités semblaient mal à l'aise, bougeaient à peine et peinaient à détacher leur regard de ce couple devenu soudainement, comme hors du temps !
La chose ne se devait pourtant pas faire, car la bienséance voulait que l'on ne fit jamais plus de trois danses à la suite avec le même cavalier.

Complètement oublié René rejoignit Mort Pion, qui voyant son désarroi, tenta de minimiser les choses. (La petite à un peu perdu le sens des convenances, cela ne durera pas mon garçon, c'est encore une enfant !) Puis il lui conseilla d'aller boire un verre ou deux d'alcool de caribou ? Se qu'il fit en cessant bientôt, lui le comptable de les additionner.

Une toute jeune fille, certes, mais dont la tête semblait se vider de tout se qui n'était pas l'instant présent? Un instant,  dont elle eut la brusque révélation, qu'il  ne lui appartenait plus, et se soumettait de minutes en minutes à une force lui ôtant toutes ses pensées propres.
Il n'y avait plus de joie autour d'elle,  et quasiment plus de danseur. Plus rien que des gens endimanchés engourdis dans l'étrangeté de la scène irréelle se déroulant devant eux.

Leur tourbillon incessant s'en devenait même grotesque, Céline le pressentait sans en être sur, et le soulagement devint général, quand retentirent les douze coups de minuit : Ce soulagement était partout, tout allait redevenir normal ! Les musiciens cessèrent leur musique, on posa verres et assiettes entamés. Entamés ! Depuis quand en fait ? Chacun se rendant compte tout à coup, que depuis l'apparition de l'étranger, les plats avaient refroidis et que rien ne s'était vidé de son contenu.

Mort Pion regarda l'horloge et fit un geste en direction de sa fille : le carême commençait et la fête se devait terminer au plus vite.
--- Dansons encore, insista l'homme en noir, avec un drôle de sourire narquois. Céline ne voyant  plus personne autour d'elle, entendant la porte qui s'ouvrait et se refermait sur les premiers invités à sortir, crut à un rêve, lorsque la musique reprit sans musicien et que sur le même rythme dément son danseur continuait à l'entraîner dans une farandole sans fin, comme issue d'un autre monde.

Mort Pion tenta d'intervenir, quémandant silencieusement du regard de l'aide de ceux n'ayant pas encore franchi la porte. mais statufiés sur place aucun ne bougea. Ce fut alors que ralentissant sa danse endiablée,le danseur revêtu cette fois, et comme par magie d'un costume pourpre, symbole évident de son triomphe, saisit un verre au passage et s'écria : A la santé de Lucifer !!! Puis, les yeux étincelant il  en fit jaillir une immense flamme bleue, se pencha sur Céline et lui imposa un baiser issu des profondeurs de l'enfer.

Dans le même temps, le tonnerre éclata, des éclairs brûlèrent la neige, la maison s'embrasa.
Dans la confusion qui suivit, personne ne remarqua que le démon avait enfin lâché la main qu'il tenait captive depuis des heures, et avait fui dans les profondeurs de la nuit.

Au matin, on retrouva les invités vivants mais hébétés sur les décombres, à présent recouvert de neige, Mort, son épouse et René serrés les uns contre les autres, et un peu à l'écart, Céline, assise sur des gravats, : Céline dont on ne voyait qu'une chevelure hirsute et grise, entourant un visage livide creusé de sillons profonds. Sur ses lèvres, là où s'était posé le baiser du diable, se dessinait avec netteté  la trace d'une profonde brûlure...
En une nuit, la plus jolie fille des alentours avait vieilli de cinquante ans.


A demain, mes amis. Merci de votre fidélité et n'oubliez pas vos com, et clics sur les liens si vous avez le temps.





Par Nettoue - Publié dans : entre parenthèse
Coucou, ne pas oublier Nettoue, et hop, un p'tit com. - Voir les 29 commentaires
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