Vendredi 30 octobre 2009
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Il faisait tard et froid, cet hiver où l'Gustave s'en revenait seul avec sa vielle d'un mariage où convié en tant que
musicien, puis très vite en ami de toujours, prit par l'ambiance, bon enfant, des épousailles de la petite à la Toinette et du fils au Gervais, avait bu un verre ou deux.
Rien de bien méchant en somme, mais si à l'intérieur de la grande salle de fête, la température s'était vite haussée à la hauteur de l'amitié campagnarde, la silencieuse, la peu démonstrative,
celle qui donne la main pour aider sans demander d'échange, la vraie en somme; celle du dehors, ne s'était pas mis au diapason, pétard de crotte ! Et le rude hiver n'avait pas attendri sa glace ou
réchauffé sa neige !
Pour l'heure, bien que marchant d'un bon pas, son instrument bien protégé et amarré sur ses épaules, plus le gros bonnet à pompon tricoté par la Phonsine (Laquelle ne lui tricotait pas que des
bonnets, mais le guignait aussi pour autre chose que la bagatelle), qui lui descendait au ras de ses gros sourcils grisonnants, not musicien se les gelait à les entendre s'entrechoquer en faisant
des petits clics angoissés à chaque pas.
Pétard de crotte, en plus ça glissait et comme le devant du chemin perdu dans un univers glacé, ressemblait à son derrière, et ses cotés à des palissades à peine percées par endroits par de
pauvres bouts de branches qui c'est sur, se casseront avant le printemps, l'avancée était ben dur...
Peut-être bien, qu'il aurait du écouter les gens d'l'à noce et accepter de dormir dans une grange, mais il avait dans l'idée de s'arrêter chez sa tricoteuse voir... l'avancée de son autre bonnet
!!!
On y voyait goutte et ce n'était pas drôle, d'autant que ça tournoyait un peu sous le pompon.
Fatigué, il décida d'aller s'asseoir à coté de la Sainte Vierge, qui sûrement ne verrait pas d'inconvénient à lui prêter un petit morceau de son minuscule abri d'entre deux village.
Et voilà-t-y pas, pétard de pétard de crotte, qu'à peine adossé près d'elle, Gustave entendit comme des bruits confus, étouffés par l'épaisseur neigeuse ? Puis des craquements et des halètements
provoquant une sorte de buée mobile s'avançant vers lui.
Des loups, v'oui, des loups ! Cinq, six, plus peut-être ? Abandonnant la Sainte Vierge, notre musicien qui pourtant n'avait rien d'andalou, se mit à courir en se jouant des castagnettes avec les
dents.
Il glissa, se cogna, jura et... Encore un effort et le gros tas de bûches posé à moins de cinquante mètres de la première maison du village, serait à sa portée.
Les loups gagnaient du terrain, et pourtant il s'était mis ses gros brodequins à clous ! Et à la une, et à la deux, et- à la trois, et l'Alphonse sans savoir comment si ce n'est qu'il avait du lui
pousser des ailes se retrouva en haut du tas de bois.
Une seconde de plus, et il y laissait un bout de fesse déjà faite en gouttes de pluie !!
Les bêtes affamées sautaient de tous cotés, certaines allaient parvenir à se hisser jusqu'à lui. Dans trente secondes il serait trop tard ! Alors sans réfléchir, comme ça d'instinct ses doigts
tremblants s'emparèrent de la vielle et il se mit à jouer comme jamais !
Quoi ? tout, rien, n'importe quoi, sa peur, oui, de la sale peur suintante d'odeurs âcres, d'effluves nauséabondes.
Surpris, les loups stoppèrent net leur ascension. Mélomanes, sûrement pas. Mais ils durent avoir peur de celle de l'homme. Celle qui, mêlée à ces sons grinçants, bizarres, hagards,
tremblées, se firent leur, dans une sorte de communion de détresse uniforme et globale.
On les redoutait, les maudissait depuis toujours. Et pourtant, nombre de ces personnes proche de la nature connaissaient elles aussi la faim ! La faim oui, mais pas celle des loups des hivers
glacials du Haut-Doubs !
On accouru de toutes parts avec des fourches et des fusils de chasse, les bêtes s'enfuirent....
A demain mes amis. Merci de votre fidélité et n'oubliez pas vos com, et avec un peu de temps, vos clics.
A propos de vieilles affaires justiciables, va-t-on enfin savoir qui à cassé le vase de Soissons ?...
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