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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 04:53


Barbizier et son Cadichou, étaient connu d'une année à l'autre. Tous deux se savaient attendus, dans les fermes et villages échelonnés, tout au long des centaines de kilomètres parcourus chaque année.

Bien sur, on ne comptait pas que sur eux, car ils étaient nombreux à faire le métier de colporteur, seulement, Barbizier qui le faisait depuis longtemps avait une clientèle quasi-attitrée.
Il vendait de si jolies choses, d'une grande utilité également. Pour les fermières et villageoises, leur arrivée à Cadichou et lui, était un des petits plaisirs de la vie ! Elles y laissaient bien quelques économies, mais tout compte fait, Barbizier, vendait moins cher qu'à la ville, et il n'y avait pas de déplacement prenant sur les heures du travail de tous les jours.

Notre ami, s'estimais d'autant plus satisfait qu'une corporation était en train de voir le jour !
Ce ne fut pas hélas ! Toujours le cas, dans les temps jadis... Oh non ! On les appelait alors les " Porte-balles ", et leur métier, même s'il remontait à la nuit des temps étaient considéré, comme une occupation de bohémiens, bons à rien escrocs et voleurs !

Cet état de fait, pour beaucoup, était du aux hommes d'église qui du haut de leur chaire invoquaient la vanité des produits proposés, (Surtout, les rubans, dentelles, bijoux fantaisies et fanfreluches.), comme autant d'oeuvres du diable ! Ces hypocrite, pour se garder la main haute, sur les braves gens, oubliaient volontiers, les médailles et images pieuses, tout autant que les livres saints.

Et puis, les pouvoirs publics qui y ajoutaient en cherchant à les sédentariser y renoncèrent, et interdirent seulement, la vente de livres prohibés : Arguant ne pas savoir lire, on se contenta alors de les obliger à apprendre, sous peine d'être condamnés au port du carcan voir, envoyer aux galères !

Les temps évoluèrent et nos porte-balles, se purent continuer leur petit négoce, soigneusement entasser dans de grosses corbeilles d'osier, et se munir d'un âne portant les choses de leur vie à deux. (Le picotin pour Cadichou, des toiles étanches pour les jours de grand mauvais temps, clous et marteau pour réparer les chaussures ferrées de l'un et les fers de l'autre, avant l'arrêt chez le maréchal-ferrant le plus proche, couvertures et habits de rechanges.)

Certaines haltes, chez la Maria, ou la Joséphine, toutes deux célibataires, aussi chez quelques veuves, point trop farouches, se révélaient, disons... plus fructueuses que d'autres, mais la majorité de ses passages étaient attendus comme ceux d'un ami vu, de temps à autre et souvent bienvenu !

Dans le bruit de ses souliers ferrés raclant les cailloux et le trottinement de Cadichou, il s'arrêtait devant les portes et criait : Ohé, de la maison, y a-t-il du monde ? Alors, il entrait, selon le degré de confiance accordé,  dans la grange, mais le plus souvent dans la grande cuisine aux reflets dorées de flammes crépitant dans les immenses  cheminées de pierres noircies, où il étalait  ses trésors sur la table, après avoir attaché son âne sous le feuillage d'un arbre, où dans l'écurie si le temps était mauvais.

Aux petites choses d'antan, s'ajoutaient maintenant, des lunettes, des dentiers, des torche-fesses, des chemises, pantalons de drap, casquettes et même chapeau pour le dimanche, sans oublier bas et chaussettes.
--- De quoi, avez-vous b'soin, m'dame ? De jarretières, celles de l'année passée doivent être usées. Montrez-moi votre mollet que j'le mesure ...
--- Sur'ment non, coquin ! M'en faut pour mes deux filles et moi.

Presque toujours, le colporteur partageait la soupe du soir et dormait dans la paille d'une grange.
En remerciement de l'hospitalité offerte, il donnait quelques bonbons aux enfants, et un ruban aux fillettes.
Souvent aussi, on le priait de donner des nouvelles d'ailleurs puisqu'il en venait. De gens de villages connus, des mariages et baptêmes, de choses plus tristes aussi !
A l'aube, Cadichou et Barbizier, après qu'il eut passé ses bretelles de cuir sur ses épaules et fixer sa lourde hotte à sa taille, il mettait le licou à son compagnon de route, et repartait pour plus loin...

A demain mes amis. Merci de votre gentillesse à vous intéresser à ce blog, et n'oubliez pas vos com, et votez Weborama

Par Nettoue - Publié dans : Je me suis laissée dire...
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