Mercredi 15 juillet 2009
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Le Chaumier se porte son savoir, dans la tête, depuis le temps des gaulois : les ancêtres de Barnabé ont peut-être même pu, rencontrer Astérix.
Aucun savant ou auteur de livres, ne peut se vanter de pouvoir expliquer leur manière de faire, sans avoir mis lui-même la main à la pâte !
Le métier de Chaumier ne s'apprend pas, il se devine. Il naît dans la tête et se pose dans les mains des hommes par l'exemple de leurs pères et grands-père... C'est un métier qui se
mérite, puisqu'il vient au secours des toitures en détresses et de ceux qui en pâtissent, s'ils se réveillent l'édredon de plumes trempé, suite à un orage venteux ou simplement, à l'usure des
années.
Il n'est pas que cela ! Oh ! Non, il est aussi un métier de créateur et d'artiste, aux mains puissantes attachés à des épaules ne redoutant pas les lourdes charges, de pailles de seigle, de blé
et de gruau.
Cette tradition s'est poursuivie jusqu'au Moyen-âge : Le progrès amenant l'utilisation des tuiles et de l'ardoise dans les grandes cités, mais pas dans les campagnes où elle perdura
longtemps. (J'ai eu l'occasion d'en admirer en vagabondant dans des petits chemins reliant la Normandie à la Bretagne, et j'ai vu là de pures merveilles !). Ce fut sans doute à cette époque que les
citadins oublieux et dépourvu d'imagination, parlèrent de " Chaumière "
Aujourd'hui, le Barnabé, pose une couverture neuve chez la Philomène, qui du bas de l'échelle, aide à passer les bottres aidée de son voisin. Il avait fallu les préparer la veille pour en couper et
egrèner les extrémitées, afin que rien n'attira les souris et les petits rats.
Le Chaumier se prends la paille et l'étale sur soixante-dix centimètres. Puis, il y dispose une branche solide, ensuite, il traverse la paille avec une aiguille de bois, enserre une des traverse
de la charpente et remonte le lien en faisant un noeud autour de la branche. Procédant ainsi, le rang de chaume est retenu par la branche unie à la charpente avec le lien tressé. Il est fait en
même temps une pente douce et régulière pour permettre à l'eau de s'écouler.
L'opération est répétée de la bordure du toit en allant vers le haut, et chaque rang ajouté chevauche le précédent d'un bon tiers.
Terminée la toiture se veut une épaisseur d'une quarantaine de centimètres.
L'ouvrage terminé, la Philomène invite le Chaumier à se venir restaurer. Dès qu'ils pénètrent dans la vaste cuisine où le feu de la cheminée fait danser des rayons ensoleillés sous la toiture,
une bonne odeur empli les narines de senteurs de moissons.
Le lendemain, le Barnabé reprendra sa route, en emmenant un matériel si spécifique, qu'il se doit le fabriquer lui-même. Il partira alors, pour plus loin, pour ailleurs, à la recherche de
paysans ayant un toit à changer ou à réparer.
Demain, seulement, car ce soir, il s'en va partager le lit à barreaux de cuivre de celle dont il espère bien faire son épouse. Dans le village tout le monde le sait, mais fait semblant de croire
qu'il se contente de la grange.
Et ce soir encore, après le repas de soupe au lard, de pain et de fromage, des amis viendront boire le " gratto ", du pays en grignotant quelques noix ou pommes, pendant que le Ferdinand, dès qu'il
aura bu un ou deux petits coups, racontera une histoire de bien d'cheu-nous.
C'est un gars d'la ville au volant de son " Hamilcar ", toute neuve et qui sans l'faire exprès vient d'écraser le coq qui passait au ras de ses roues. Désolé, le conducteur prend l'bestiau et le
rapporte au paysan.
-- Je ne l'ai pas fais expres ... heu, monsieur. Mais je tiens absolument à le remplacer ! Le paysan le regarde sans rien dire, puis hoche la tête.
-- Puisque t'es de si bonne volonté mon p'tiot, les poules sont là-bas. J'te laisse faire...
A demain, mes amis. Merci de passer me voir... Et n'oubliez pas vos com et votez Weborama.
Par Nettoue
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Publié dans : Je me suis laissée dire...
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