Vendredi 3 juillet 2009
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Paul est désespéré, en colère aussi, car il comprends que la mère de Virginie n'était pas opposée au départ de sa fille. Et bien qu'elle s'efforçât de le
raisonner.(Tu es si jeune Paul, nos domestiques sont âgés, et Marguerite et moi-même ne sommes plus très jeunes non plus ! Elle reviendra plus tard avec de l'argent et vous aurez un avenir...) Il
ne veut rien entendre, il sait qu'il n'est que le fils d'une paysanne et d'un colporteur de passage. Qu'il ne sait même pas lire et écrire... Mais, il va apprendre et vite !
Sa colère, il la hurle à tous les vents et au passage, va même jusqu'à se taper le tête sur l'écorce des palmiers ! Ceux, aux troncs bien râpeux, comme si en ayant mal il pouvait extraire
la peine immense de son coeur .
On lui a arraché son bonheur, comme ça, sans rien lui expliquer, comme s'il ne comptait pas. Blessé, effrayé, pour autant, il ne doute pas de Virginie et l'imagine sur le pont du bateau;
malheureuse et désemparée
.
En cela, il voit juste, car loin de se réjouir de la fortune de sa tante et de se qu'elle lui procure, robes, professeurs, sorties mondaines et une promesse de copieux héritage à la clef, et même
une dot importante en attendant, ce, au cas où la vieille peau de vache, lui trouverait un mari selon ses aspirations à elle. Virginie ne veut qu'une chose, retrouver son amour...
Elle ne veut rien d'autre. La vie européenne ne lui convient pas. (Pauvre biquette, si tu connaissais celle de maintenant, à part les tout nouveaux, 5,5 % de TVA ?) Elle écrit, mais ne reçoit pas
de réponses. Bien sur, elle ne peut croire que Paul l'ait oublié et elle sait que sa mère ne veut que son bonheur. Alors, pourquoi ce silence ? Pourquoi le facteur jaune de la poste ne lui
apporte-t-il jamais de courrier ?
Pourquoi, vivre ces jours qui s'accrochent les uns aux autres, tous pareillement douloureux ?
Et puis, un jour grâce à une servante, que la détresse de la petite émeut, Virginie découvre que ses lettres sont interceptées dans les deux sens. Vieille vache, va ! !! La jeune servante
l'aide, et madame de la Tour reçoit enfin des nouvelles de sa fille ! Elle exige alors, de sa belle-soeur que les lettres de sa fille se puisse circuler normalement.
Paul, sait à présent lire et écrire, il a appris en dessinant des lettres sur le sable, comme les premiers chrétiens le faisaient avec des signes représentants des poissons. Puis, en
chipant les < Plays-boys > de l'époque dans le cabinet privé du gouverneur vénale. Les choses s'accélèrent, lorsque la tante veut marier sa nièce, avec un jeune aristocrate de fin de
race, que sa maman, amie d'enfance de celle-ci, désespère de caser.
Ne voyant pas d'autre solution, Virginie cesse de s'alimenter, se devient une sorte de zombie incandescent.
Alors, renonçant enfin, à ses projet et surtout parce-que madame de la Tour est capable de venir chercher sa fille en canoë, avec seulement deux pagaies de rechange, s'il le fallait, la tante
baisse les bras. Elle permet à Virginie de faire ses bagages et de s'en aller prendre le premier bateau en partance pour les îles.
Fou de bonheur, Paul guette depuis le rivage avec une longue vue qu'il s'est ingénieusement fabriqué lui-même :Un verre de lunette grossissante coincé dans une tige de bambou creux ??
Et c'est le bonheur ! Le bateau de la bien-aimé est en vue... Se dessinn"e entre ciel et mer au ras d'une ligne d'horizon, magnifique. Il approche, Paul frémit, se liquéfie sur place en apercevant
la silhouette de la jeune fille appuyée au bastingage..
Tous les amis sont là et dansent le tamouré, signe de grand bonheur !
Mais, c'est pas vrai ça ! Voilà que le ciel s'assombrit, qu'un vent dément commence ses frémissements intempestifs ! Des passagers s'arrachent les redingotes, les dames leurs robes à cerceaux et
plongent !
Cela peut marcher, la côte n'est pas loin et les énormes vagues s'échouent coté plage. Par contre il est impossible de les prendre à contre courent.
Entre deux éclairs, Paul aperçoit Virginie, toujours accrochée à sa rambarde. Saute, mais saute, crie son coeur malmené. Crotte de crotte, plonge ! Hurle sa voix en mue tardive !
Elle ne bouge pas.
Le bateau prend l'eau par l'arrière, le devant se lève. Il commence à s'enfoncer dans les flots déchaînés ! Paul est statufié sur place. Pourquoi, mais pourquoi, ne tente-telle pas sa chance, comme
les autres passagers dont certains commencent à s'échouer, épuisés mais sauf, le nez dans le sable ?
C'est devenu l'horreur absolue, petit à petit, Virginie disparaît aux yeux de tous. On ne voit bientôt plus que son chapeau dont le ruban s'est emmêlé.
Plus tard, alors que son corps roulé par les vagues, sera rejeté aux pieds de Paul et de madame de la Tour, au milieu des palourdes, l'un et l'autre, au delà du désespoir, un des rescapé
ayant cherché à l'entraîner jusqu'à l'ultime instant dira ;Je n'ai pas compris, elle ne voulait pas se déshabiller...
Alors, là ! Je n'en suis pas encore remise...
A demain mes amis. Et n'oubliez pas vos com, et votez Weborama. S'il fonctionne à nouveau. Se n'était pas le cas, hier au soir. Merci.
Par Nettoue
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Publié dans : les amoureux célèbres
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