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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 03:46


Le cochon qui rêvasse :

Al Weeler se sent mal ! Il s'est persuadé et à persuadé Julie Trent, la petite blonde mousseuse qui a découvert Nathan Lloys, son patron et amant assassiné dans sa penderie, que le message affiché sur sa poitrine < Tu seras la prochaine salope >, n'était destiné qu'à égarer les pistes, et qu'elle ne risquait rien. Or, elle est tué de la même façon que Nathan pendant qu'il s'offrait une nuit d'enfer avec Lynn Andrew la collègue de travail de Julie...

Doc Murphy et Ed Sanger arrivent une demi-heure plus tard. Je leur montre la chambre à coucher et, après m'avoir dévisagé un instant,  ils entrent sans mot dire dans la chambre. Murphy en ressort dix minutes plus tard, une expression abattue sur le visage.
-- Vers minuit, dit-il. Peut-être une heure du matin.
-- Et elle a été violée avant d'être tuée ?
-- On dirait. (Il se racle la gorge.) On vérifiera à l'autopsie.
-- Ed Sanger émerge à son tour, le visage encore plus pâle que d'habitude.
-- Bon Dieu ! Fait-il d'une voix étranglée. Ça vous fiche un coup, quand même. Quel âge avait-elle ? Vingt trois ans à tout casser ?
-- Dans ces eaux là, je réponds. Vous avez trouvé quelque chose ?
-- Je suppose que le gars qui a fait le coup a commencé par lui attaché les mains derrière le dos. Il n'y a donc pas de peau sous les ongles, ni rien d'autre.
-- Rien ?
--- Une série d'empreintes, répond-il d'un air sombre. Vous voulez parier que ce sont toutes les siennes ?
-- Le panier à viande est en route, dit Doc Murphy. Je procéderai à l'autopsie dès qu'ils seront arrivés à l'hôpital.
-- D'accord.
-- Celui qui a écrit le message ne plaisantait pas, hein ? déclare Ed, à personne en particulier. < Tu es la prochaine salope ! > Vous pensez qu'on a affaire à un maboule, Al ?
-- Si vous n'avez rien de mieux à faire pour le moment, Ed, je déclare d'un ton circonspect, vous pourriez aller développer vos photos ?
-- D'accord. (Il cligne lentement des paupières.) J'ai dis quelque chose ?
-- Faites donc se que dis le lieutenant, intervient doucement Murphy.
Sanger nous regarde tous les deux d'un air perplexe, puis il hausse les épaules et sort de l'appartement. Murphy me jette un regard interrogateur.
-- Je vous vois en train de ruminer,  Al. En général ce n'est pas votre genre.
-- J'ai dis qu'elle pouvait rentrer chez-elle hier soir.
-- Et bien, vous vous êtes trompé.
-- Je me suis trompé,  d'accord. Cette réflexion est-elle sensée me rassènerer ?
-- Vous pouvez éclater en sanglots si vous pensez vous sentir mieux après. Ça ne la ramènera pas à la vie. Ou alors vous pouvez essayer de faire votre métier, et découvrir qui l'a tuée.
-- Merci, Doc. Vous m'avez guéri de mes crampes d'estomac. Maintenant, je me contente d'avoir la migraine en permanence.
-- Ça me rappelle un gars que j'ai guéri d'une crise cardiaque et à qui j'avais dis qu'il n'avait plus de souci à se faire, déclare Murphy. Je ne m'étais pas trompé. Il est mort f'un arrêt du coeur en pleine rue le lendemain même.
-- Et vous vous rappelez le jour où vous avez recousu un malade et oublié trois compresses dans son ventre. Le gars, du coup s'est transformé en éponge humaine sous vos yeux.
-- Je l'ai gardé dans ma salle de bain, dit Murphy. Classé dans la rubrique des souvenirs utiles.
--  Quand aurez-vous terminé avec l'autopsie ?
Il consulte sa montre.
-- Passez-moi un coup de fil après trois heures cet après-midi.

Je vais rendre les clefs au gardien et ne réponds pas aux questions muettes de son regard. De retour dans ma voiture, je vérifie la première adresse inscrite par Petrie sur la serviette en papier toute froissée, puis je m'engage dans la circulation. Il y a un tas de choses que je devrais faire d'abord, mais franchement je ne m'en ressens pas pour le moment. J'imagine l'expression du shérif quand je lui expliquerai se qui s'est passé, et je vois d'ici également la réaction de Cotlow. Je ne veux même pas penser à celle de Lynn Andrew. Le masochisme, ça va bien un temps, mais il t a des limites.
Il s'agit d'un de ces nouveaux immeubles panoramique et l'appartement est au quatorzième. Je sonne et j'attends. Au bout d'un long moment, la porte s'entretaille, retenue par une chaine de sécurité, et deux yeux soupçonneux me dévisagent par l'ouverture.
-- Lieutenant Weeler, du bureau du shérif, dis-je et je lui tends mon insigne.
-- De quoi s'agit-il ? demande une voix lourde de méfiance.
-- Une enquête de routine. J'aimerais simplement vous poser quelques questions, madame Mayhew.
-- A quel sujet ?
-- Ça vous ennuierait que j'entre ? A vous regardez comme ça, à travers une fente, je commence à loucher.
-- Très bien, dit-elle à contrecoeur.
Elle repousse la porte  pour enlever la chaîne, rouvre. Je pénètre dans une élégante entrée et elle referme derrière moi. Elle me fait penser à un caniche bichonné et trop bien nourri. Une soixantaine d'années, je suppose ; cheveux bleuâtres et laqués, un corps avachi mal dissimulé par un kimono informe, des yeux protubérants qui ont l'air de billes de verre.
-- De quoi s'agit-il, lieutenant ?
-- D'un certain Clyde Stevenson.
-- Je ne connais personne de ce nom.
-- Il est venu vous voir il y a quelques jours, madame Mayhew. Sous un autre nom, peur-être?
-- Je ne sais vraiment pas de quoi vous voulez parler.
-- Un type costaud, madame Mayhew. Plus d'un mètre quatre-vingt-dix. Une épaisse chevelure noire striée de gris. Une quarantaine d'années. Vous êtes sûre de ne pas le reconnaître ?
-- Qu'est-ce qu'il a fait ? demande-t-elle sèchement.
-- Aucune idée. (Je prends mon ton de flic, dur et impatient.) Si nous cessions de tourner autour du pot ? Il est passé chez-vous il y a quelques jours. Vous savez qu'il est venu et je le sais également. Que vous é-t-il vendu ?
-- Vendu ? (Ses joues plâtrées de rouge s'affaissent légèrement.) Qu'est-ce qui vous fait croire qu'il m'a vendu quelque chose ?
-- C'est son métier.
-- Je ne me commets pas avec des représentants de commerce. Vous devez faire erreur.
- J'enquête au sujet d'un double meurtre, dis-je d'un ton froid. Clyde Stevenson y est mêlé, de toute évidence. Nous pouvons parler ici même, ou alors vous pouvez venir avec moi au bureau du shérif et nous parlerons là-bas. en présence de votre avocat, si vous le désirez.
Elle émet une sorte de gargouillis.
--  Allons dans le living-room, lieutenant, propose-t-elle.
Elle se détourne et je la suis dans la pièce. Tout y semble s'être pétrifié aux environs de 1949. Tout se qui s'y trouve est mort ou empaillé ou en porcelaine ancienne. A la place d'honneur sur un mur trône le portrait d'un homme qui ressemble à un capitaine d'industrie, sauf les yeux qui reflètent un immense désespoir.
-- Vous m'avez causé un choc, lieutenant, commence-t-elle à voix basse...
-- Stevenson est peut-être mêlé à cette affaire. Que venait-il vous vendre, madame Mayhew?
-- Des choses. Des objets d'art. Des pièces qu'il juge susceptible de m'intéresser...
-- Quel genre, exactement ?
-- De la porcelaine de Meissen, par exemple.
Elle m'indique une grande urne bleue et blanche particulièrement hideuse : une série d'oiseaux bleus sont penchés sur le couvercle.
-- Comment avez-vous fait sa connaissance ?
-- C'est lui qui est venu me voir. Quelqu'un lui avait dit que je faisais une collection.

Stevenson, vendait des objets d'art à des vieilles dames, dans des bars et à des ouvriers qui travaillaient à lia nouvelle autoroute. Mon oeil, oui !....

Nous retrouverons Al Weeler le mardi 19 Mai. Et demain j'irai sur les banc de l'assemblée nationale. Merci mes amis et n'oubliez pas vos petits com.



Par Nettoue - Publié dans : entre parenthèse - Communauté : Encore plus d'humour
Coucou, ne pas oublier Nettoue, et hop, un p'tit com. - Voir les 20 commentaires
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