Lundi 4 mai 2009
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Le
cochon qui rêvasse...
(Elle s'éstimerait satisfaite....)
-- Elle a vu Bill Pétrie quand elle est venue ici ?
-- Elle n'a eu affaire qu'à moi.
-- Appelez-là, lui dis-je, Maintenant. Dites-lui qu'il s'est passé qualque chose et que votre agent veut lui parler le plus tôt possible.
-- Qu'e'st-ce-que Petrie pourrait bien lui dire, Bon Dieu ?
-- Appelez-là, je répète d'un ton sec.
-- Il obtempère, et j'attends patiemment qu'il ait raccroché.
-- Cet après-midi, annonce-t-il. Trois heures chez-elle.
-- Parfait. Maintenant, j'aimerais jeter un coup d'oeil au rapport de Petrie avant que vous lui ayez retiré l'affaire.
Il ouvre avec précaution un classeur fermé à clef et feuillette le contenu d'un tiroir. Puis il recommence une deuxième fois, plus lentement, et une troisième, encore plus lentement.
-- Je ne comprends pas, dit-il, Je les ai classé moi-même. Mais ils ont disparu.
-- Qui d'autre à la clef ?
-- Nathan. (Il lève la tête en clignotant des paupières.) Nathan avait une clef. Les deux associés seulement ; personne d'autre. Une sorte de mesure de sécurité à l'intérieur du bureau. Non pas que
nous n'ayons pas confiance dans le personnel. mais on est jamais trop prudent, n'est-ce-pas ?
-- Si je comprends bien, Nathan n'était pas trop prudent, pas vrai ?
-- En effet. (IL cligne encore des yeux.) Ça doit être Nathan qui a pris le dossier, lieutenant. Mais je ne vois vraiment pas pour quelle raison.
-- Il avait peut-être une très bonne raison. Vous n'avez pas votre boule de cristal sous la main ?
-- Je crains que non. (Il fait une vague tentative pour sourire.) Vous voulez toujours que Petrie aille à ce rendez-vous avec madame Stevenson cet après-midi ?
-- Non, je reprends fermement.
-- Ah bon ?
A en juger par son expression, il me prend pour un dingue et se demande comment il ne s'en est pas aperçu dès le début.
-- A votre place, je ne parlerais pas de ça à Petrie, dis-je. Il ne faut pas que le personnel puisse devenir insolent exact ?
-- Exact, acquiesce-t-il.
Quand je retraverse son bureau, l'amazone relève la tête et me sourit.
-- Vous voilà redevenu amis, lieutenant ? demande-elle d'une voix douce. Ou bien avez-vous cogné sur M. Cotlow jusqu'à se qu'il se soumette ?
-- Vous n'avez pas entendu de coup de feu ?
-- Le coup de feu ?
-- Je me suis donné un mal de chien pour que ça ait l'air d'un suicide. Alors quand vous irez dans son bureau et que vous découvrirez le cadavre, ne touchez à rien. D'accord ?
-- D'accord, fait-elle, et elle sourit encore. Lieutenant, quand je rentrerai à la maison ce soir, Julie sera en train de tourner en rond. Vous pensez qu'elle peut rentrer chez-elle maintenant
?
-- Je ne pense pas qu'elle courre de réels dangers.
-- Merci. (Elle hausse les épaules.) Nous nous entendons très bien au bureau, mais vivre ensemble dans ce petit appartement, c'est autre chose. Il doit bien y avoir un moyen de vous montrer ma
gratitude.
-- Ca pourrait être embarrassant pour vous, dans ce bureau, je lui murmure. Ca dépend de l'endroit où vous la planquez.
-- Un lieutenant qui a l'esprit mal tourné, dit-elle sans rancoeur. Normal. Au 73 Mayberry Street, appartement 5c, voilà où je la planque, lieutenant. Si vous veniez vers neuf heures diner avec moi
? Ça me donnerait le temps d'expédier Julie chez-elle.
-- Très bien, dis-je. Vous voulez que je vous apporte quelque chose ?
-- Je ne crois pas, répond-elle. Mais si par hasard vous avez une petite amie, vous pouvez la laisser à la maison.
Il n'y a qu'un seul Clyde Stevenson dans l'annuaire ; c'est déjà ça de gagner. La maison est également située à Valley Heights, mais, dans l'échelle sociale, à trois barreaux en dessous de la
résidence Lloyd. C'est une baraque à deux niveaux aux lignes nettes, entourée de pelouses impeccables parsemées de buissons de fleurs bien taillées. Je presse le timbre et j'entends un carillon
s'égrener dans la maison. Le soleil me brûle la nuque et une abeille ivre passe en bourdonnant à hauteur de mon oreille droite. Une sorte d'écho du passé, de l'époque où les banlieues offraient une
retraite sure pour échapper aux dures réalités de l'existence, telles le meurtre et le viol. Peut-être n'ont-elles jamais été sûres, mais les dens le croyaient, et ils n'avaient pas un arrêt du
coeur en s'apercevant qu'ils avaient laissé la porte de service ouverte la nuit. Qu'est-ce qui peut bien provoquer chez moi ces réflexions philosophiques de quatre sous ? Ça doit être la brûlure du
soleil sur la nuque.
La porte s'ouvre, une brune apparaît et me regarde, un sourire poli aux lèvres. Ses cheveux sont artistement décoiffés, ses yeux soigneusement maquillés et sa tenue, chemise et blue jean, est d'une
négligence étudiée. La chemise est déboutonnée suffisamment bas pour révéler quelques bons centimètres du sillon qui sépare ses seins opulents. A en juger par leur allure décontractée, ils ne sont
visiblement pas comprimés dans un soutien-gorge. Elle doit avoir dans les trente-cinq ans et une rencontre clandestine avec un privé constitue peut-être un évènement excitant dans sa vie de
banlieusarde.
-- Madame Stevenson ? je demande poliment.
-- C'est bien ça. (Elle a une voix profonde, agréable.) Vous êtes monsieur Petrie ?
-- C'est également ça.
-- Entrez donc...
Je la suis dans le living-room. Brusquement elle s'immobilise et se tourne vers moi.....
Carter Brown, présenté par Nettoue. La suite de Al Weeler mercredi 6 Mai. Et en attendant mes amis à demain pour (Je me suis laissée dire...) Et n'oubliez pas vos
petits com et cliquez < le panier du chaton >, Merci
Par Nettoue
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