Samedi 14 mars 2009
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Le lendemain, du jour de la visite de Louise, chez son fermier Magloire...
Le geste aisé, la parole facile, satirique par jeu et talentueux sans effort. Jouissant des choses bonne à vivre avec un appétit de gourmet, rabelaisien à ses
heures et tout à fait courtois, à celles réservées à ses amis, Antoine Girard, dit de Saint-Amant, vit le jour dans un petite village des environs de Rouen, dont il copia le nom pour donner du
panache à la couverture de ses ouvrages !
Sympathique descendant de corsaire à moins que ce ne fut de pirate, lui-même n'en sachant rien et ne s'en souciant pas vraiment... D'aventuriers, à coup sur, et point sots puisqu'ayant su faire
fructifier honorablement, un pécule amassé diversement.
Saint-Amant, devint à vingt-cinq ans le secrètaire particulier d'un oncle de Louise, lequel l'emporta avec lui en Italie, puis en Angleterre après qu'il se fut éssayé à écrire quelques poèmes,
encore peu appréciés.
Vite las de l'hypocrite rigueur anglaise qui pendait ses vols, de plus d'un schilling et déportait ses miséreux en Amérique, afin qu'on ne les devina plus au travers
du brouillard londonien.
Le poète revint en France nantit cette fois, d'un recueil qui en vantant encore, plus volontiers le charme des courtisanes que ceux des grandes dames, le propulsa
directement au coeur des ruelles en vogues, d'une grande partie de ces dames de haute naissance ... Principalement, celle de la marquise de Rambouillet, qui savait s'entourer dans son luxueux
hôtel, d'un nombre important d'érudits pendant que son époux cédait ses charges à la cour pour payer, petits fours et tasses de thè.
User des alcôves de ces dames sans pour autant négliger, les soubrettes, danseuses et bourgeoises, manger bien et boire beaucoup, poussa un jour Saint-Amant à s'aller resourçer dans sa belle
Normandie pour en y respirant, tout à la fois l'air du pays, y déguster les plats régionaux et ses belles villageoises...
Il s'installa, donc dans un hôtel particulier, posé sur la place d'armes d'Alençon et s'y constitua, se qui lui permit de choisir, sans se soucier de religion, nationalité ou couleur, un
salon de gens cultivés et de bonne compagnie !
Et comme, il était chanceux, le poète se trouva être logé en face de l'ancien palais forteresse des Ducs de Normandie, pour l'heure occupé par le nouvel intendant, nommé par Richelieu.
Familier du château de < Bois-aux-nids >, comme de bien d'autre, il s'attarde dans celui-ci avec une complaisance particulière, car outre ses habitants qu'il
aime, la demeure plus gentilhommière cossue que château proprement dit, lui procure une plénitude particulière...
Et puis, il y a son environnement ! La Sartre qui lui sert de miroir et partage avec elle ses couleurs de soirs d'été, lorsque le ciel se couvre d'oranger ! Ses
futaies issues du génie de l'homme guidé par la main de Dieu, avant que celui-ci n'ait attrapé le virus de la géométrie et ne se fasse appeler paysagiste ou architecte de la nature... Ce fat !
Julius le reçut, et lui annonça :
...., Madame la marquise est en conversation avec dame Joliette, si monsieur veut bien l'attendre ?
...., Toute la vie et au delà, Julius mon ami et en compagnie de sa cousine, la charmante demoiselle Eloïse, que je vois là en train de m'espèrer...
Empressé, enthousiaste, Saint-Amant parle, gesticule, sourit en abandonnant canne, manteau et chapeau à l'écuyer de maison, avant de pencher les poils folêts de sa moustache sur la main
grassouillette d'Eloïse. Après quoi, il prit place en face d'elle pendant qu'on lui servait un petit verre, de " Poiré de Clécy >, qu'entre autre il affectionnait assez.
...., Comment vous portez-vous, belle dame ? , s'enquit-il, ensuite avec bonne humeur.
...., Bien, naturellement, vil flatteur ! Et là, se situe le drame de ma vie puisque la chose étant acquise, une fois pour toute, on ne se soucie jamais vraiment de ma santé ! ... Rit Eloïse en
ouvrant le coffret de friandises, posé sur un guéridon recouvert de laque de Chine.
Son caractère enjoué de personne point contrariée, d'être gentiment enrobé, en fait un être chaleureux que l'on aime à avoir autour de soi. Louise mariée, ses parents la voulurent nonnette. Une
habile façon de continuer à l'ignorer. Seulement, les couvents n'ayant la plupart du temps pas de place, pour les pensionnaires ne se possédant qu'une dot infime, le bât blessa, d'autant plus que
personne ne se proposa à en fournir une. Surtout pas les d'Harcourt qui aimant leur nièce, la souhaitait heureuse !
Elle devint donc, l'hôte permanente de < Bois-aux-nids >, et parce-qu'elle se crût amoureuse du septième marquis de Perceval, qui lui préféra sa cousine, Eloïse se fabriqua un beau chagrin
d'amour, qu'elle consola en regardant grandir son fils...
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Par Nettoue
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Publié dans : histoire coté jardin
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