Samedi 13 mars 2010
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Il est un souvenir enfoui, qui parfois, surgit sous l'impulqion; d'un mot, d'un souffle, d'une voix ! Hier ce fut d'une chanson surprise par hasard, au détour du
blog de mon amie Violette !Elle me reporta loin en arrière, et ce fut soudain, si proche, si vivant que l'émotion me submergea...
Mon divorce venait d'être prononcé, et j'avais eu la chance de décrocher un travail dans un hotel restaurant, quatre étoiles, en voie d'achèvement, à quelques 500
mètres de chez-moi. ( En passant par les champs alentours s'entends ).
Ne connaissant rien dans ce domaine, et ma bonne étoile scintillant au dessus de ma tête, j'avais, sans autre forme de procès, réussi les tests, mis en place par la socièté, dans les locaux de l' A
N P E . L'ouverture de l'établissement devait avoir lieu trois semaines plus tard .
Je ne connaissais rien au service en salle, et encore moins dans le choix des vins. Et pourtant, j'avais décroché un poste de < responsable de restauration > . Se qui fit, qu'en attendant
l'ouverture, je bûchais l'art et les manières des bonnes tables, et ce sont mes < gnolus >, qui me faisaient réciter le soir, la composition des cocktails. Bref, ces détails ne sont
donnés, que pour exposer se qui va suivre.
L'hôtel était très chic, et les suites de grands luxe ! Nous y recevions, aprés des débuts difficile, où les bagagistes, allaient chercher les clients devant les gares, de Mulhouse et de Colmar,
dans un mini bus, aux armes de la chaîne d'hôtels ! Où avec le directeur, nous allions chercher les séminaires et les repas d'affaires à pieds d'oeuvre: J'adorais cela, et m'y éclatais. Et puis
nous y recevions, parfois, des artistes et certains politiques..
C'était l'été et dans la période de la < foire aux vins > de Colmar... La chaleur était au rendez-vous. une fin d'après-midi, comme une autre en somme. Et nous n'attendions personne en
particulier..; Et soudain Thérèse, la responsable caissière, que bizarrement, j'ai retrouvé plus tard, dans mon parcours de la mode, me souffla discrètement : < Regardez, là à la réception on
dirait...
Il nous tournait le dos, il était vêtu d'un pantalon prit dans de hautes bottes de cuir, sur lesquelles flottait une tunique blanche. Sa chevelure très brune lui arrivait au milieu du dos. Il était
grand et de forte corpulence...
Il s'appelait Dèmis Roussos, lequel, fatigué par une longue route, se cherchait une chambre avant sa destination qui était
Colmar. Il était extraordinaire de simplicité ! Et moi qui me gavait de ses chansons depuis < Ma musique, et Good bye, my love, good bye, > sentait la terre se dérober sous mes pieds.
Et je n'avais pas encore recu le choc de ses yeux, immenses, d'un noir si profond, qu'en m'y plongeant, je doutais de pouvoir en emmerger...
Il sourit alors pour m'expliquer < Je fais faux bond, là où j'ai une réservation, alors il me faut téléphoner moi-même pour
m'excuser > Et là nouveau choc, avec ce grand sourire blanc, éblouissant !
Sur le rebord du comptoir j'ai regardé ses mains. Les mains ont de l'importance pour moi, les mains d'hommes s'entend ! J'essayais souvent, par ce biais de décrypter les caractères. Celles de Dèmis
étaient petites, ou bien le paraissaient au regard de sa forte carrure. Un léger duvet noir les recouvrait par endroit.
Il lui fallait trois chambres, car bien sur, il n'était pas seul; Je lui fit donner la < suite présidentielle > la 208. sans même me préoccuper de savoir si elle était ou non réservée ,
Il regarda mon badge et me dit , qu'il fallait que je l'appelle par son prénom et le tutoie. A cet instant, je crois que mes genoux et mes dents s'entrechoquaient, comme des castagnettes, un soir
de flamenco, en terre andalouse.
Et puis il demanda qu'on lui apporte un plateau de crudité pendant qu'il prenait une douche. Crudités assorties mais avec une majorité de choux blancs. Quand il redescendit, il portait une de ses
djellabas dans lesquelles, on le voyait souvent à la télévision. Tout le personnel présent, s'est proposé pour le servir. Il ne voulu que moi !
( Petits détails que je trouvais charmants, mais il fait tenir compte de l'âge que j'avais et de cet instant vécu, dans une quatrième dimension : il mangea les choux avec les doigts. )
Il partit ensuite, pour Colmar, où il était attendu, étant décidé qu'il souperait vers minuit dès son retour. Lorsque je lui proposai de l'installer au bord de la piscine, il refusa. Demis, était
frileux, et plus encore depuis la tournée qu'il venait de faire en Suède.
Minuit arriva, Michel, un de nos bagagiste, lui ouvrit la porte, et Demis me tendit la main , me fit asseoir à sa table, et parla, de lui, de tout, de moi ! Il signa des cartes de bar par
douzaines, et dédicaça des photos pour mes enfants. ... Et chanta ensuite... Chanta... < S'il faut mourir un jour, je veux que tu sois là... >
A demain mes amis. Merci de votre fidèlité à ce blog, et n'oubliez pas combien vos commentaires sont encourageants
Cet article est une réedition, de décembre 2008.. J'espère que vous l'aimerez !
Par Nettoue
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Publié dans : Se que je sais
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