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La couleur des mots ...

Roses

 

J'ai voulu ce matin t'apporter des roses,
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes,
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir,

Les noeuds ont éclatés, les roses envolées,

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées,

Elles ont suivis l'eau pour ne plus revenir,

La vague en a paru rouge et comme enflammée,

Ce soir, ma robe encore, en est enbaumée,

Respires-en sur moi, l'odorant souvenir

Afin que dans tes bras, je puisse m'endormir...

Pour demain m'éveiller  dans ton sourire 

 

de Saadi

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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 08:04
Petite, frèle sous ses cheveux grisonnants, un air de détresse, effacant, l'habituel, sourire... Mon refuge ! Le recours, l'amour absolu de ma jeunesse, faisant fi, des bras d'hommes, tendus pour la retenir, n 'osant cependant pas, par respect, poser la main sur elle... Ma grand'mère Lina de Bussière-sur-l'Ognon, se franchit la porte de l'abri.

C'est alors.. Seigneur Dieu, merci ! Pour la première fois, depuis le début de la guerre, le bruit strident, de la sirène d'alerte au bombardement, qui me fit sursauter, se trouva être le bienvenu.

Dans ces cas là, le chef d'ilôt, est seul maitre à bord, et monsieur Ricardet, se trouvant être le notre, s'allait pouvoir, intervenir, et faire rentrer la désobèissante..

Cette sirène anticipant la catastrophe, se voulait conseiller l'habitant de se protèger des choses  pouvant lui tomber sur la tête.. Tout en visant la réserve d'armes de l'occupant !

Je veux parler des bombes, ces machins destructeurs, qui, en éclatant, outre sur  les gens, se faisaient d'énorme trous dans la terre, Là, où la plante, mettra des années, avant de se pouvoir, à nouveau, se respirer la chlorophylle qui l'habille, si joliment de sa gamme de verts, naturels ! Là, où le sol de ta province, ta belle Franche-Comté, va être saccagée, pour satisfaire, la vanité, d'andouilles, se tenant hors des massacres.

...., Faut pas croire, ( dixit, ma Lina ), ils vont s'aller protéger la pointe, les prussiens !  Et se mettre à l'abri, y ne viendrons plus nous faire, l'effet du vin doux, ce soir ! restez à l'abri, jusqu'à la fin de l'alerte, les poussins, moi, je m'en vais donner les épluchures aux bestiaux, et mettre les rutabagas dans le restant de soupe à l'oseille.

On ne l'obéit pas, et trainant les petits, Didier et moi, la rejoignimes devant la porte de notre logis .

Elle fit, comme elle l'avait dis, S'occupa des poules, des lapins et des rutabagas.

Et puis, à la nuit tombée, alors, que le couvert mis et la lampe à crémaillère, descendue au ras de nos têtes, afin de ne pas confondre, les feuilles d'épinard avec le reste, les volets bien clos à cause du < couvre feu > Je ne vais pas dire, la radio ( T S F ), allumé, nous n'en avions pas !

Radio, Londres, on s'allait l'écouter, en catimini, chez les voisins, aprés que Boy er Louisette se fussent endormis.

Bien entendu, nous n'y comprenions rien. Mais se braver l'interdit, ne manquait pas de panache ! Il nous donnait l'impression, d'égaler les Résistants, ( les F F I, du génèral de Gaule ), Ceux-là même, que l'armée allemande appelait < terroristes > !

...., La France parle aux francais !

...., Les haricots sont plein de fils !
...., Les pigeons sont farcis !!!
Messages codés, bien sur, et destinés à d'autres oreilles que les notres..

Des bruits de bottes  lourdes de pas d'hommes, se marchant en terrain conquis, martelèrent soudain, les paves de la cour...

Notre cour ! Celle où assis sur les escaliers de madame Baron Duclos, avec les amis du 13), nous jouions au osselets ! Cette cour, témoin de nos jeux, la marelle, la corde à sauter, les trois paumes ! ( Comme celles du serment de Mirabeau, lors de la réunion, des Etats généraux, qui apporta assez vite, la révolution de 1789 ) C'est souvent le cas d'ailleurs, on attends beaucoup de celles des grands Etats, et on se retrouve encore plus dans la merde, qu'avant.

Le son de voix rauques au parler guttural, obsédant ! Affolant ! et puis des grands coups dans la porte...

Dès le début du vacarme, ma Lina et Didier, avaient enlevés la petite porte de fonte donnant accès à l'ancien four à pain des ancêtres Berlin. Lequel, servait d'abri aux perchoirs du poulailler. Prêts à nous t glisser en se tortillant comme des chenilles, nous en eumes pas le temps !

Malmenée, la porte s'ouvrit d'elle-même. Ils étaient quatre et se portaient le casque sous le bras !

Ils étaient quatre, à nous regarder, avec un regard qui s'excusait, d'avoir à nous réquisitionner le matelas en double ! ( Là, encore, nous n'avions rien à craindre ), Un regard qui s'essayait aussi, à sourire... Se voulant, avant tout rassurer des enfants terrorisés.

Ma Lina se porta au devant d'eux, bras écartés ! Geste dérisoire, sans doute, mais qui la résumait toute !

Alors, il se passa, une chose hors du temps ! L'actuel, quatrième dimension ! L'un deux s'assit en se prenant Boy sur les genous.

La chaise haute de Louisette, ne se pouvant prendre de passager, deux autres s'assèyrent  sur le rebord
de la fenêtre qu'elle avait large. Le dernier se saisi, du plus vieux de nos tabourets ,  mais avant il attrapa l'énorme casserole qui s'ennuyait sur son crochet, y vida de grosses boites de cassoulet, porta le tout sur notre réchaud à deux feux, fit signe d'ajouter des assiettes...

Vous savez, quoi , Ce fut le meilleur repas, que l'on se mangea, durant toute la saloperie de guerre...

Ce fait est rigoureusement authentique , comme ceux d'ailleurs que je narre dans cette série ! Ecrits à ma facon oui, mais  , bien sur, mais tout à fait réel .



A bientôt mes amis, et n'oubliez pas, que si l'on ne se voit pas, on s'entends si bien..

Une grosse, petite pensée, à une amie absente pour quelque temps.. Cata la Cachou
Et toujours, merci, vos com. et vos petits clics, si vous avez le temps... Nettoue

Par Nettoue - Publié dans : entre parenthèse - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
Coucou, ne pas oublier Nettoue, et hop, un p'tit com. - Voir les 35 commentaires
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