... Figé par l'horreur Gervais, resta tout d'abord immobile, une fois la voiture repartie, et puis, il déplia lentement ses jambes devenues douloureuses. Son désarroi était tel, que pas une seconde, il ne songea à tout tenter pour déterrer la jeune fille !
Sa seul pensée cohérente était de courir chez lui et de se délester d'un peu de l'horreur éprouvée en la racontant à Josépha son épouse.
Celle-ci commença par le traiter de peureux, il avait un fusil non ? Et puis, au fil du récit elle comprit qu'il n'aurait rien pu faire, sinon courir le risque d'être assassiné à son tour, d'autant plus que de toutes évidences, les auteurs du drame étaient des personnages de hautes lignées.
Par contre, elle se précipita au dehors pensant qu'il était peut-être encore temps d'aider la demoiselle en robe de mariée. Gervais, la retint, l'aube était proche et l'orage longtemps contenu éclatait avec violence. Le ciel en feu zébrait d'éclairs furtifs et meurtriers l'ensemble de la forêt. Bientôt, le château allait se réveiller en son entier, comment dans ce cas, s'ils étaient vu près de la fosse pourraient-ils expliquer leur présence ?
Le mieux à faire était de courir avertir le comte de Trécesson, en qui ils avaient toute confiance. L'homme était juste et bon, la présence de son garde forestier sur les lieux en pleine nuit, allait être plus délicate à expliquer, mais le comte savait se qu'il se passait sur ses terres, et n'ignorait sans doute pas, ses petits braconnages....
Devant son seigneur, la sueur acide de la peur coulant de son front mêlée à l'eau de pluie ruisselant sur son visage, fit que tout d'abord, Gervais, eut de la peine à tenir les yeux ouverts... Il tenta de parler, mais les mots ne parvinrent pas, tout de suite, à se frayer un passage entre ses dents qui s'entrechoquaient. Sa femme, quant à elle, n'essaya même pas, les yeux baissés, elle regardait la flaque d'eau que sa jupe de paysanne, lourde d'eau , faisait- couler sur le sol de pierre.
Après avoir avalé un petit verre de calvados, tendu par un valet, Gervais put enfin faire un récit à peu près cohérent des faits auxquels il venait d'assister. Aussitôt, le comte de Trécesson, appela ses jardiniers et valets et donna l'ordre de se rendre sur les mieux décrits, lui-même suivant au plus vite.
Le sol ést glissant, il ne pleut plus et des lueurs rougeâtres se distinguent déjà au loin. Bien que ses serviteurs s'efforcent de lui faciliter le passage, des branches égratignent la robe de chambre de brocard, que le gentilhomme n'a pas pris le temps de retirer... Lorsqu'il arrive sur place, les pelles s'activent sous la direction de Gervais, bientôt, de ci, de là, des tâches blanches se distinguent au travers de la boue...
Tous les regards sont dirigés sur eux, l'espoir centré sur la découverte du visage de la demoiselle... Elle semble dormir; et quand on lui soulève la tête, elle ouvre les yeux, qu'elle a clairs comme noyés dans une brume hors du monde des vivants. Elle sourit, et laisse fuser un long soupir entre ses lèvres en bouton de rose écarlate, un soupir qui se termine en gémissement : Alors, seulement, elle referme les yeux pour ne plus les rouvrir !
Monsieur de Trécesson, la fit transporter au château et habiller de soie selon le rang semblant être le sien.
Pour tenter de savoir qui elle est, il fit venir toute la noblesse de la région, en vain, car personne ne put lui donner la moindre indication !
Les obsèques qu'il tint à lui offrir, en signe d'hommage posthume , furent celles d'une princesse. Par la suite, le châtelain fit quadriller bois et forêts, c'était comme si une force ne portant pas de nom l'y poussait ! Il voulait savoir et surtout faire punir les assassins. Aux hasard des recherches, on lui rapporta de fines chaussures de satin blanc déchirées, une couronne et des morceaux de voile de mariée. Il les déposa lui-même, sur l'autel de la chapelle du château. Ils y restèrent pendant 39 ans, c'est à dire, jusqu'à se que le lieu fut détruit pendant la révolution de 1789.
Ce fut à dater de ce jour, que l'on vit et voit encore, dit-on, certains soirs , de début d'automnes brûlants aux orages menaçants, une jeune mariée courir dans les sentiers de la forêt de Trécesson. Elle court pieds nus, dans un robe de dentelles déchiquetée, une lourde natte dénouée, flamboyante, illuminant les futaies plus encore que les zébrures de l'orage.
Les faits seraient consignés dans les archives des Trécesson.
A demain mes ami(es). Merci de votre fidélité et n'oubliez pas combien vos commentaires sont encourageants !
Coucou, ne pas oublier Nettoue, et hop, un p'tit com. - Voir les 32 commentaires









La voici, en haut de la grande chute , elle y voit des gens attroupés, puis perçoit leurs appels :... Mathilde, oh Matilde !!! Elle sent, elle devine, son coeur se brise, un flot de
bile lui inonde la gorge franchit ses lèvres... Serrant très fort sa belle robe blanche contre elle, elle suit les regards, et voit : Louis est couché là, le dos contre la terre de la butte. Il
est là , mais ne bouge pas. Sa jeune fiance hurle son nom, se jette sur lui, se blessant contre la dureté d'un corps déjà rigide.
Pour beaucoup, le fantôme de la dame blanche de Montmorency, n'est pas et n'a jamais été une légende, au contraire... Il reste le lien indéfectible avec la terrible bataille qui
précéda de peu, celle < Des plaines d'Abraham >, en 1759, celle où après tant d'efforts de destruction et surtout de victime, les anglais conquirent la
Réfugiés dans les bois avec sa famille et les gens du village, Mathilde, vaincu par l'angoisse et une sorte de prémonition ne portant pas de nom, ne cessait de scruter les
alentours, le coeur au bord des lèvres, à chaque frémissement des choses de la forêt.
Et voilà même que l'on soupçonna, mais juste un peu : Le prince Albert, héritier du trône, son médecin et chirurgien personnel, Sir William Guli, un peintre artiste,
Walter Sickert, d'autres aussi, à qui l'on du, et c'est plaisant pour eux, trouver quelques ressemblances avec le choix des experts !!!
Le nombre et la nature des victimes posèrent une énigme encore non résolue de nos jours : Autant dire qu'elle ne le sera plus, car ces pauvres femmes faisaient partie de
celles s'arrondissant les fins , et même début de mois en faisant commerce de leurs charmes, n'avaient certes pas l'importance qu'aurait pu avoir l'épouse d'un sir se possédant un chapeau tuyau
de poêle, badine à pommeau d'or ou d'argent et se véhiculant une pomme de terre chaude en bouche, pour se faire un parler très british.



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